La vague de faillites ne faiblit pas

L’année 2012 avait battu tous les records en matière de faillites. Après onze mois, 2013 fait pire ! Graydon a enregistré 11.197 dépôts de bilan depuis janvier, soit déjà 42 de plus que sur l’ensemble de l’année dernière. Le chiffre de novembre (966) est, à dix unités près, le même que celui de novembre 2012.

L’hécatombe continue. Chaque jour ouvrable, une cinquantaine de faillites sont prononcées dans le pays. L’augmentation par rapport à 2012 se marque dans tous les secteurs importants, sauf le commerce de gros, et dans toutes les régions et provinces du pays, à l’exception du Brabant flamand.

Si l’on compare les onze premiers mois de l’année à la même période de 2012, Graydon souligne une hausse des faillites de 10,6 % pour le pays, 6,4 % pour la Flandre, 11,2 % pour la Wallonie et 19,5 % à Bruxelles.

Le nombre d’emplois salariés perdus (25.244) depuis le début de l’année est également en hausse, mais moins importante (+ 3,7 %). Il est clair que ce sont les très petites entreprises qui sont les premières concernées par cette vague de faillites. L’horeca fournit le plus gros contingent (2.009 dépôts de bilan) mais c’est la construction qui arrive en tête pour le nombre d’emplois perdus (5.098).

Pour Christine Lhoste, secrétaire générale de l’UCM : “Les chiffres de Graydon prouvent que les PME subissent toujours de plein fouet les difficultés de la crise. Les responsables politiques doivent oser des réformes structurelles pour réduire les charges en tous genres qui pèsent sur les entreprises et en particulier sur les petites.”

Ainsi, le coût du travail est prohibitif en Belgique et les mesures prises et annoncées sont loin d’être suffisantes. La flexibilité est très insuffisante pour les PME. Et le rapprochement des statuts ouvrier et employé va aggraver les problèmes des employeurs. Ils se sentent considérés comme des délinquants en puissance. Ils subissent de nouvelles obligations et des contrôles tatillons, alors qu’ils attendent encore et toujours des mesures simples pour “éviter les faillites évitables” : raccourcir les délais de paiement des pouvoirs publics, créer une “caisse de compensation” pour ne pas exiger des versements à une entreprise à qui l’on doit de l’argent, revoir le mécanisme des amendes forfaitaires en cas de retard de paiement.

Le numéro vert proposé aux entreprises en difficultés (0800/35.222) a reçu près de 700 appels pour la Wallonie et Bruxelles depuis le début de l’année. Il rencontre donc un besoin. Encore faut-il inciter les entrepreneurs à ne pas appeler trop tard et donner aux spécialistes des centres pour entreprises en difficultés davantage d’outils pour éviter le dépôt de bilan.

L’UCM demande en particulier l’extension de l’assurance faillite (1.048 euros par mois pour un isolé et 1.363 euros pour un chef de ménage, pendant un an maximum) aux “cessations inévitables”. Cela permettrait de ne pas aller jusqu’à la faillite et d’éviter bon nombre de problèmes, y compris pour les créanciers.