
Le rapprochement des statuts des ouvriers et des employés était nécessaire et obligatoire. Après des années de blocage et d’interminables discussions entre partenaires sociaux, le gouvernement a dû intervenir et rédiger un projet de loi. Il alourdit considérablement les charges des entreprises, en particulier celles qui emploient des ouvriers. De très nombreux chefs de PME s’en inquiètent.
Certes, mettre fin au contrat d’un employé sera un peu moins lourd dans certains cas, notamment en tout début ou en fin de carrière. En cas de licenciement d’un ouvrier, ce ne sera plus à l’employeur de prouver qu’il ne s’agit pas d’un licenciement abusif.
Il n’en reste pas moins que le licenciement d’un ouvrier va coûter beaucoup plus cher à partir de 2014. Un mécanisme de compensation est prévu. Financé par la suppression de l’actuelle exonération fiscale des préavis, il ne suffira pas. La réforme induit un surcoût qui va décourager le recrutement.
C’est tellement vrai que la loi prévoit des exceptions, en particulier pour le secteur de la construction. C’est insuffisant. Il est indispensable que l’horeca et les PME qui occupent principalement des travailleurs manuels gardent aussi une souplesse particulière. Sinon, leur passif social va augmenter brutalement et l’emploi va souffrir.
Les chefs de PME s’inquiètent également de la suppression de la période d’essai. L’impact n’est pas que financier. Recruter deviendra plus risqué. La Belgique sera d’ailleurs le seul pays européen à refuser aux employeurs la possibilité de réellement tester leur personnel.
Enfin, la réforme prévue au 1er janvier supprime le jour de carence (premier jour de maladie non payé) pour les ouvriers. Une enveloppe de 80 millions d’euros est prévue en compensation, mais cette somme risque d’être saupoudrée et de ne pas répondre au surcoût imposé aux employeurs concernés. La promesse d’exempter de cotisations sociales le salaire du premier jour d’absence n’a, à ce jour, pas été tenue. Le problème de l’absentéisme dans les PME n’est pas réellement pris en compte.
L’UCM rappelle avec force que, dans une petite entreprise, le patron ne licencie pas par plaisir ni par confort, mais par stricte nécessité économique. C’est un acte de gestion douloureux, mais nécessaire. Si les conditions sont trop difficiles ou trop coûteuses, on décourage le recrutement de salariés “classiques”, à durée indéterminée.