
Le Conseil national du Travail (CNT), où siègent les partenaires sociaux dont l’UCM, a rendu un avis unanime demandant la généralisation des titres-repas électroniques au 1er janvier 2016. L’UCM appelle l’actuel gouvernement à prendre les mesures réglementaires nécessaires pour ne pas risquer de rater cette échéance.
En Belgique, près de deux salariés sur trois reçoivent des titres-repas. Le système est une soupape à un coût du travail délirant. Il permet aux employeurs de fidéliser et de motiver leur personnel en versant une partie de la rémunération hors charges sociales et impôts. La part patronale dans le titre-repas (5,91 € maximum par jour de travail effectif) est devenue une partie du salaire où le brut égale le net.
Depuis septembre 2011, les titres-repas papier traditionnels coexistent avec des titres-repas électroniques (enregistrés sur une carte de type bancaire). Il est temps de programmer la fin de cette double circulation, qui complique la vie des commerçants qui acceptent ce mode de paiement. Employeurs et syndicats, au CNT, demandent que le papier disparaisse au 31 décembre 2015.
La durée de validité d’un chèque papier est actuellement d’un an. Elle serait progressivement réduite au cours de l’année 2015 pour qu’aucun titre-repas papier ne soit plus valable au-delà de la fin de l’année. Les derniers pourraient donc être émis en septembre, avec trois mois de validité.
Selon une étude indépendante menée par l’Agence pour la simplification administrative (ASA), le passage intégral aux titres-repas électroniques permettrait d’épargner 94 millions d’euros. Pour les commerçants, le coût passerait de 84 à 16 millions, soit 80 % en moins. La gestion administrative est beaucoup moins lourde et les sociétés émettrices paient leur dû plus rapidement. Les employeurs gagneraient 12,8 millions et les salariés 13,7 millions d’euros, car il y aura moins de titres-repas perdus ou oubliés.
Aujourd’hui, les titres-repas électroniques ne représentent que 17,5 % du marché alors que 33,7 % des commerçants les acceptent. Il est certain que l’annonce du basculement va accélérer le passage à l’électronique. Compte tenu de cette nouvelle donne, l’UCM veillera à obtenir pour les employeurs et les commerçants des tarifs revus à la baisse. L’octroi et l’acceptation des titres-repas électroniques restent aujourd’hui trop chers.