Chers membres,
Voilà plusieurs années que les crises se succèdent, s’additionnent, se superposent, sans disparaître totalement. Face aux événements sanitaires, énergétiques, géopolitiques, environnementaux, UCM s’est à chaque fois battue pour que les entreprises et indépendants soient soutenus dans ces épreuves. Cela a toujours été nécessaire, cela est aujourd’hui insuffisant. Car ce qui est résistant supporte les chocs, mais reste pareil, jusqu’à la prochaine crise.
Soyons clairs : que le droit passerelle puisse être sollicité par les entreprises n’ayant pu poursuivre leur activité lors des incendies des Fagnes cet été, cela est nécessaire ; que des soutiens existent pour aider les entreprises à gérer l’explosion des coûts de l’énergie, cela semble judicieux, mais que faire lorsque l’exception se fait de plus en plus souvent la règle ?
Prenons l’énergie par exemple. Octroyer une aide financière pour payer les factures, chiffrée en milliards mais pesant peu pour les entreprises une fois répartie selon les retours de terrain que nous en avons eus est-il tenable dans un contexte budgétaire tel que le nôtre, surtout lorsque cela est voué à se répéter ? D’autant plus qu’une crise de l’offre doit être résolue sur ce volet, en planifiant et organisant une transition vers une énergie décarbonée et locale, indépendante des aléas géopolitiques, le tout en maîtrisant notre consommation.
Il s’agit donc non plus de subir, mais de changer de logique.
Des voies existent.
Michel Serres mettait en avant le fait que nous dépendons désormais des choses qui dépendent de nous. On comprend ce qu’il veut dire lorsqu’on pense à des aspects très concrets de la vie d’une entreprise : l’énergie, l’environnement, le numérique, les chaînes d’approvisionnement. Nassim Nicholas Taleb, lui, complète notre phrase du début : face aux chocs, ce qui est antifragile s’améliore. Quant à Olivier Hamant, il définit la voie de la robustesse dont l’objet est de maintenir la stabilité du système malgré les fluctuations.
Concrètement, une entreprise robuste serait alors celle qui dispose de ressources en cas de coup dur, tout en mettant en place des actions pour se prémunir des chocs futurs : disposer d’un stock de secours, ne pas dépendre d’un seul fournisseur ni même d’un seul client, ne pas dépendre exclusivement des outils informatiques au cas où une panne surviendrait et stopperait toute l’activité sont quelques exemples parmi d’autres.
Ce qui peut paraître sous-optimal à court terme est alors une manière de se garantir un avantage décisif le jour où on traversera la même zone de turbulences que des concurrents qui auront fonctionné à flux tendu.
Vous, entrepreneurs et indépendants, ne le savez que trop bien et nous le rappelez au sein du programme « J’entreprends mon bien-être » : on ne court pas un marathon à la manière d’un sprinteur. Et quelqu’un constamment à 120% n’aura que peu de marge de manœuvre le jour où il devra remettre de l’énergie dans son activité.
Des outils existent.
L’Agence du Numérique recommande déjà des plans de sauvegarde et de continuité en cas de cyberattaque ou d’incident. L’AWEX conseille déjà sur le fait d’élargir ses marchés pour ne pas dépendre de quelques clients. Wallonie Entreprendre a plusieurs dispositifs pour maîtriser les consommations d’énergie et favoriser une économie circulaire moins dépendante de matières premières critiques.
Et sur notre territoire, des actions sont également en place, notamment en ce qui concerne la gestion de crise avec « BW response » dont nous vous reparlerons très bientôt pour y intégrer de manière plus complète les entreprises. Que ce soit en tant qu’acteur passif, en bénéficiant des actions assurées par la sécurité civile en cas de crise, mais aussi en tant qu’acteur actif, en apportant son soutien lorsque c’est pertinent et prouver une fois encore le rôle central et positif des entreprises sur un territoire.
Fidèle à notre philosophie des 4 D, UCM Brabant wallon détecte les risques, défend les entrepreneurs auprès des décideurs, développe les capacités des entreprises (voire les préserve en cas de problème) et dynamise le réseau. Comme cela se dit en gestion de crise, si les acteurs se connaissent, la moitié du travail est déjà faite, d’où l’importance de se reconnaître, se connaître, se côtoyer.
Aidez-nous à faire grandir notre communauté d’entreprises et indépendants sur le territoire brabançon, faites-nous vos retours sur ce sujet (et d’autres) et restez attentifs à nos communications qui présenteront de manière concrète des outils et événements pour développer la robustesse de votre activité et la résilience du territoire.
Thomas Lepers
Chargé de relations Brabant wallon
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