
Les employeurs ne voient pas d’un bon œil le rapprochement des statuts des ouvriers et des employés, qui interviendra le 1er janvier. La suppression de la période d’essai et l’allongement de la durée des préavis des ouvriers vont modifier le comportement des entreprises. Le recours aux indépendants (sous-traitants ou en association), les contrats à durée déterminée et, dans une moindre mesure, l’intérim vont gagner du terrain principalement dans les entreprises qui occupent majoritairement des ouvriers et ce au détriment des embauches à durée indéterminée.
Le Secrétariat social UCM a sondé un échantillon de clients sur le “statut unique” des salariés. Les changements prévus au 1er janvier les inquiètent : plus de 80 % des employeurs se sont informés sur le dossier et en connaissent les contours. Ils sont conscients qu’il y aura un impact sur les délais de préavis (95 %), le jour de carence (78 %) et la période d’essai (70 %). Moins de 2 % des employeurs ne sont au courant de rien.
L’impact est évidemment variable selon le profil. Les entreprises qui emploient exclusivement ou majoritairement des ouvriers sont les plus concernées. À 86 %, leurs responsables annoncent qu’ils modifieront leur politique des ressources humaines. Un sur quatre engagera moins ou n’engagera plus. Près de 50 % d’entre eux modifieront leurs critères de recrutement en recourant d’abord à des CDD et ensuite à l’intérim d’insertion ou via des indépendants, en association ou en sous-traitance.
Les entreprises qui emploient majoritairement des employés, à 55 %, ne modifieront pas leur politique RH. Une sur quatre reverra son recrutement. L’embauche à durée indéterminée va se raréfier au profit des contrats limités dans le temps, du recours aux indépendants (en sous-traitance ou en association) et de l’intérim.
L’enquête révèle également que plus l’entreprise est petite, plus elle fera appel à des indépendants en sous-traitance. Et plus l’entreprise est grande, plus elle modifiera ses critères de recrutement. Près de 40 % auront recours au CDD quelle que soit leur taille, conséquence évidente de la suppression de la période d’essai.
Le sondage indique un besoin d’informations complémentaires et plus précises sur le statut unique. Divers points sont encore en discussion au Conseil national du travail (CNT). C’est pourquoi le Secrétariat social UCM a ouvert une rubrique permanente sur son site web, continuellement mise à jour pour tenir les employeurs au courant de l’évolution du dossier, fournir une information pointue, annoncer des formations et proposer différentes formules d’accompagnement.
Ce sondage confirme aussi les craintes de l’UCM, Mouvement patronal, émises lors des discussions sur le dossier avec la ministre de l’Emploi en juillet dernier. L’UCM souhaite que le gouvernement fédéral revoie sa copie. Une application de la législation sur le statut unique telle qu’élaborée aujourd’hui aurait des conséquences désastreuses sur l’emploi dans les entreprises.