Après les déclarations, place à l’action

À la lecture de la Déclaration politique régionale (DPR) wallonne, l’UCM constate que son mémorandum a été partiellement pris en compte par les négociateurs. Simplifier la vie des entrepreneurs, faciliter leur accès au financement, soutenir leur croissance, … Autant d’axes essentiels pour soutenir les indépendants et les PME, les moteurs de l’économie wallonne. Des axes qu’il ne faudra pas oublier lorsque le Gouvernement définira les priorités budgétaires.

La Wallonie dispose de nouvelles compétences et des leviers indispensables à son redéploiement économique. Le nouveau Gouvernement a la responsabilité de démontrer que la Wallonie a la capacité de se hisser au niveau des régions les plus dynamiques d’Europe en les mettant en œuvre de la manière la plus efficiente qui soit.

L’UCM constate que l’on retrouve ce défi dans les différents axes de la Déclaration politique régionale (DPR) où la création d’emploi semble bel et bien l’objectif principal. Mais l’emploi ne se décrète pas, il dépend du niveau d’activité économique de la Région. Pour l’UCM, il était indispensable que les indépendants et les PME soient reconnus comme des acteurs essentiels à cette dynamique. Si l’on veut plus d’emplois, il faut plus de PME. Ceci est d’autant plus vrai en Wallonie où 64,5 % des emplois dans le secteur privé sont dans les PME de moins de 50 équivalents temps-plein.

“De nombreuses mesures en faveur des indépendants et des PME énoncées dans la DPR montrent que nous avons été entendus”, relève Christine Lhoste, secrétaire générale de l’UCM. “Citons l’accélération de la mise en œuvre du “small business act” wallon, la mise en place d’un “test PME compatible” pour toute nouvelle législation ou réglementation afin d’éviter de créer de nouvelles charges inutiles ou encore, en termes de simplification administrative, la généralisation du principe de confiance et l’application du principe “only once” – ne demander qu’une seule fois une même information à une entreprise -,… Autant de mesures attendues par les entrepreneurs et relayées par l’UCM.”

Simplifier et rationaliser les aides économiques aux entreprises mais aussi celles à l’emploi et les incitants à l’embauche en cohérence avec les aides fédérales est aussi un pas dans la bonne direction. Christine Lhoste insiste sur le fait que “l’UCM sera cependant particulièrement attentive aux conditions d’obtention des aides à l’emploi par rapport à l’augmentation de l’emploi, aux investissements en recherche et innovation ou en termes de support à la formation et à l’enseignement.”

La volonté d’améliorer le niveau de qualification, notamment des jeunes, et la promotion de l’emploi indépendant sont évidemment des points importants pour l’UCM. “Mais là aussi”, poursuit la secrétaire générale, “nous serons attentifs aux obligations qui pourraient peser sur les employeurs individuels en matière de stages en entreprise.”

Et d’ajouter : “En matière de fiscalité, nous restons toutefois sur notre faim. On parle bien de maintenir un cadre fiscal attractif ou d’identifier les modalités d’allègement du coût salarial mais tout cela reste très flou. L’UCM sera là aussi particulièrement attentive à la mise en œuvre par la Région wallonne de ses nouveaux pouvoirs fiscaux. Les entrepreneurs considèrent en effet le coût du travail et la fiscalité comme le premier frein de l’activité et de l’emploi.”

Enfin, l’UCM relève qu’au niveau de l’accès au financement des PME, autre problème majeur, le programme gouvernemental reste très largement dans la continuité de ce qui existe et ne semble pas vouloir favoriser les prêts de proximité via un système de type “winwinlening” qui a pourtant fait ses preuves en Flandre.

Au chapitre des regrets, on note aussi l’absence d’attention particulière pour le commerce de proximité qui en a pourtant bien besoin.

“Oser, innover, rassembler. Ce sont les trois mots-clés de l’accord du gouvernement”, souligne Christine Lhoste, secrétaire générale de l’UCM. “Ces mots nous parlent, bien évidemment. Mais notre rôle en tant que représentant des indépendants et des PME francophones est de veiller à ce qu’ils se transforment rapidement en actions.”