1er anniversaire de la taxe kilométrique en Wallonie

La redevance kilométrique pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes n’avait pas encore soufflé sa première bougie que le gouvernement wallon décidait le 23 février dernier, sur proposition du vice-président et ministre des travaux publiques, Maxime Prévot (CDH), d’étendre de 33 km le réseau routier soumis à la redevance. Pourtant, le trafic réel des camions sur le réseau non payant est moins important qu’initialement estimé.

Dans le viseur du Gouvernement ? La section de la N243 (Chaumont-Gistoux) entre la N25 et la N29 sur 13km, ainsi que sur la section de la N29 entre l’E411 (Perwez) et la Flandre au Nord de Jodoigne sur 20 km. Une adaptation effective en juillet prochain.

Pour rappel, le péage kilométrique pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes a été rendu effectif dans les 3 régions, le 1er avril 2016. L’objectif de la mesure est d’assurer une participation équitable au financement du réseau routier en percevant des recettes en fonction de l’utilisation effective du réseau et pas uniquement en fonction du lieu d’immatriculation. 88% des véhicules circulant sur nos voiries sont en effet immatriculés en-dehors de la Wallonie, dont 44% en-dehors du pays.

Le réseau routier concerné en Wallonie, tel que défini par le Gouvernement wallon, correspond à 2.250 km de voiries comprenant le réseau sur lequel était perçue l’Eurovignette, complété par 300 km de routes régionales.

Le Gouvernement wallon s’était engagé à monitorer le réseau.  C’est ainsi que, peu après la mise en place du péage, plusieurs bourgmestres et riverains se sont plaints de trafic supplémentaire de camions sur certaines routes et demandé l’extension du réseau soumis à la redevance.

Les fédérations de transporteurs et les entreprises se sont également manifestées mais, a contrario, pour réduire le réseau soumis à péage. Il ressort d’études menées à la demande de la région wallonne qu’un peu moins de 20 % du trafic total de camions circulent sur le réseau non payant, contre une estimation de 25% faite préalablement à l’introduction du péage. Le trafic réel des camions sur le réseau non payant est donc moindre qu’initialement estimé.

La taxe km n’est pas un facteur décisif

Selon l’UCM, on ne peut conclure à un report massif de trafic de poids lourds du réseau soumis à péage vers les voiries secondaires ou non payantes. Au contraire, les études menées font apparaître la redevance comme un élément moins important que d’autres facteurs faisant varier le trafic de camions.

Suite à la décision d’extension sur 33 km en février dernier, l’UCM, en concertation avec Brafco (Fédération belge des Négociants en Combustibles), Unebo (Union Régionale des Entreprises du Bois), UPTR (Union professionnelle du Transport et de la Logistique) et Prodipresse (Association des diffuseurs de presse indépendants) s’interroge quant à la décision d’extension du réseau. Peut-on réellement parler d’augmentation significative du trafic et à l’objectivation des données recueillies lorsque 1 à 3,5% d’augmentation est constatée. Selon l’UCM, c’est la santé économique d’entreprises locales qui risque d’être sérieusement mise à mal.

Selon Brafco, pour une entreprise de transport de mazout comptant 5 camions et située dans la zone concernée, en plus des 40.000 euros actuels payés par an sur le réseau actuel soumis à redevance, le surcoût de l’extension de 33km se chiffre à pas moins de 24.000 euros par an pour cette entreprise. Avec impossibilité de report de ce surcoût sur le client, le prix du mazout étant légalement fixé.

L’UCM insiste donc pour que toute extension de réseau soit décidée sur base d’une réelle augmentation significative du trafic camions.

L’UCM profite du 1er anniversaire de la redevance kilométrique pour saluer les mesures de compensation décidées par le gouvernement wallon. Certes, l’enveloppe de 23 millions annuels y réservée n’est certes pas suffisantes mais ces mesures ont le mérite d’exister. Et de rappeler que certaines mesures promises ne sont cependant pas encore effectives comme l’augmentation demandée par l’Urebo, d’un tonnage à 50 tonnes pour 6 essieux afin de mettre nos entreprises sur pied d’égalité avec des entreprises françaises (56 tonnes) ou hollandaises (50 tonnes).

L’UCM demande donc à ce que la concertation avec les secteurs impactés se poursuive afin de réduire au maximum l’impact de la redevance sur les secteurs impactés.