Croissance des PME : obstacles et incitants

L’UCM a interrogé plus de mille chefs de PME sur le thème de la croissance. Plus des deux tiers d’entre eux (70,6 %) souhaitent développer leur activité. C’est souvent une question de vie ou de mort. Mais le pourront-ils ? Coût du travail, fiscalité excessive et charges administratives se mettent en travers de leur route !

Les PME belges, en particulier francophones, sont trop petites. L’UCM a mené une grande enquête auprès de 1.071 entrepreneurs wallons et bruxellois pour mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre et identifier les freins à la croissance.

Malgré la crise, les PME ont un potentiel de croissance puisque près de la moitié (49,1 %) ont connu une croissance de leur chiffre d’affaires au cours des trois dernières années. Cependant, cette croissance ne s’est accompagnée de création d’emplois que dans un cas sur deux.

La grande majorité (70,6 %) des indépendants et des PME veulent grandir. La principale raison, citée par 55 % d’entre eux : c’est une nécessité pour être rentable. Du côté de la minorité qui ne souhaite pas se développer, c’est avant tout la perspective de devoir gérer plus de personnel qui effraie.

Quels sont les chemins vers la croissance ? D’abord, la prospection de nouveaux clients en Belgique (citée par 41,3 % des sondés). Ensuite, le lancement de nouveaux produits et services (24,9 %). L’innovation dans les PME existe, mais elle est rarement une affaire de recherche et développement : seulement 12,5 % des entreprises y ont eu recours pour lancer un nouveau produit ou service.

Les freins à la croissance cités par les entrepreneurs sont connus : le coût du travail (cité par 62,6 % des sondés), une fiscalité excessive (59,5 %), les charges administratives (54,4 %) et les difficultés de recrutement (pointées par 41 % des sondés en croissance).

Quelle est la différence entre les entreprises en croissance et les autres ? Les résultats de l’enquête montrent qu’elles sont plus jeunes, déjà plus grandes, et aussi plus dynamiques à tous les niveaux. Leurs dirigeants sont plus motivés par la création d’emplois que la moyenne. Ce sont des partenaires à soutenir pour les pouvoirs publics.

L’enquête ne surprend pas en ce qui concerne les obstacles à lever. Ce qu’elle révèle, c’est qu’il existe un potentiel de croissance qui peut être stimulé. L’UCM formule des suggestions concrètes : développer des conseils-audits multidisciplinaires gratuits ou à prix réduit pour les entreprises qui veulent ou doivent grandir, rationaliser les aides publiques et mettre en place des “points de contact unique” pour informer les chefs de PME sur ces aides.

Et Christine Lhoste, secrétaire générale de l’UCM, de conclure : “Réduction du handicap salarial, de la fiscalité, des charges administratives… sont autant de revendications que l’UCM portera avec force et conviction. Il faut permettre aux PME de grandir. La plupart le souhaitent et y voient même une condition de survie.”

Télécharger l’étude complète : 140403 UCM-ETUDE-ECO-CROISSANCE-FINAL.