
Les syndicats, rapportent les médias, ont déposé une plainte à l’OIT (Organisation internationale du travail) contre le “gel des salaires” décidé par le gouvernement, qui serait “une atteinte à la liberté de négociation.” Pour utiliser un terme peu diplomatique, c’est assez culotté…
L’UCM rappelle qu’il n’y a pas de gel des salaires. Ils augmenteront en 2013 et 2014 au rythme de l’indice des prix. Selon les prévisions actuelles, cela représentera entre 2,5 % et 3 % de hausse. Pour une PME wallonne moyenne de neuf personnes, avec des salaires moyens de 3.000 € brut, cela représente un surcoût de 12.000 à 15.000 € sur une année. Du point de vue de l’employeur, parler d’une évolution zéro pour les salaires est une escroquerie intellectuelle.
Il arrive d’ailleurs régulièrement que dans les pays voisins, qui ne connaissent pas la liaison des salaires à l’index, les hausses salariales négociées soient inférieures à l’évolution des prix. L’effort exigé des employeurs belges n’est donc ni nul, ni négligeable. Il est choquant que les syndicats ne le reconnaissent pas.
Parler d’atteinte à la liberté de négociation est tout aussi déplacé quand on se rappelle que c’est la FGTB qui a refusé de signer l’accord 2011-2012. Et les partenaires sociaux ont eu le temps et la latitude de négocier un accord 2013-2014. Sur les salaires, les employeurs se réfèrent à la loi de 1996 sur la sauvegarde et de l’emploi et de la compétitivité, qui impose une évolution du coût du travail inférieure ou égale à celle des trois grands pays voisins. Depuis 1996, le dérapage est de 5,2 %. C’est en très grande partie l’impossibilité pour les syndicats de prendre en compte cette réalité et d’en tirer les conclusions voulues par la loi qui ont empêché la conclusion d’un accord. Le gouvernement a bien dû prendre ses responsabilités et fixer un cadre. Le déroulé des faits prouve qu’il n’y a pas eu d’atteinte à la liberté de négociation mais qu’une des parties a été incapable d’adopter les mesures difficiles dictées par le contexte économique et budgétaire.
La Belgique ne sortira pas de la crise et ne créera pas les emplois ô combien nécessaires sans rétablir sa compétitivité. Cela passe inévitablement par une modération salariale. Limiter les hausses à l’évolution de l’indice des prix est le moins que l’on pouvait décider.