Le crédit-adaptation suspendu : sale coup pour la formation et l’emploi

L’UCM s’étonne de la décision du gouvernement wallon de suspendre le “crédit-adaptation”, un dispositif qui couvre une partie des frais de formation des salariés. C’est contraire à la volonté affichée d’encourager l’acquisition de compétences indispensables à l’emploi.

Le comité de gestion du Forem a pris acte hier de la décision du gouvernement wallon de suspendre toutes les demandes des entreprises souhaitant utiliser le dispositif de “crédit-adaptation”.

Le crédit-adaptation est une aide financière existant depuis 2003 et octroyée par la Wallonie, via le Forem, aux entreprises pour couvrir une partie des frais de formation des salariés. Cette formation doit répondre à trois critères : être qualifiante, spécifique et collective. Toute entreprise peut y faire appel, sans distinction de taille ni de secteur.

La décision a été prise lors de l’ajustement budgétaire 2013. Le dispositif ne coûte pourtant que quelque 5 millions d’euros. Un montant qui a permis de soutenir la formation de près de 14.000 salariés en 2012. Soit près de 850.000 heures de formation et 260 entreprises concernées dont 57 % de PME. Le plus souvent, il s’agit d’une remise à niveau des compétences ou d’une adaptation à un investissement (acquisition d’une nouvelle machine, mise en place de nouvelles méthodes de travail…).

Pour l’UCM, cette décision est incompréhensible. Elle va à l’encontre des priorités du gouvernement fédéral, du plan Marshall wallon et du plan 2022, qui veulent “développer une véritable culture de formation tout au long de la vie.” La formation continuée est, très souvent, indispensable à l’emploi et au développement des entreprises.

L’UCM est pour une saine gestion des deniers publics et pour une maîtrise des dépenses. Mais il est contreproductif de retirer 5 millions d’euros nécessaires à la formation des salariés, un objectif prioritaire. L’UCM appelle le gouvernement à revoir sa décision et à rétablir le “crédit-adaptation” lors des prochaines négociations budgétaires.