Une crèche pouvant accueillir 17 tout-petits vient d’ouvrir ses portes dans le parc scientifique de Louvain-la-Neuve. Sa responsable espère afficher complet d’ici six à neuf mois.
Poulpi.be, c’est le nom de cette nouvelle crèche située dans le Parc Fleming et qui accueille les enfants de moins de trois ans. Il aura fallu deux ans et demi à sa directrice, Valérie Bertholet, pour faire aboutir le projet. “À l’origine, je suis enseignante de français et nommée à temps plein. Pour ouvrir cette crèche, j’ai pris une pause carrière afin de m’assurer un retour à l’emploi en cas d’échec du projet.”
La première étape a été de suivre une formation afin d’obtenir les titres requis par l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) pour ouvrir une maison d’enfants. “Le lieu, je l’ai trouvé via l’UCL qui revendait les bureaux d’une entreprise. Ce fut donc un achat sur fonds propres. Dans le cas d’une crèche, les travaux de mise aux normes sont trop importants pour qu’un locataire impose ça à son propriétaire. De là a découlé la chasse aux autorisations, tant auprès de la commune, de l’UCL, de la Province du Brabant wallon, que des pompiers, et surtout de l’ONE.” Sans compter les prévisions budgétaires pour assurer une viabilité au projet.
La lourdeur des démarches administratives et financières liées à la création d’une crèche peut freiner plus d’un candidat. “Et les perspectives de bénéfice sont faibles. Je considère que la crèche sera rentable dans quatre ou cinq ans. Par “rentable”, j’entends arriver à un équilibre financier.”
Les crèches privées n’attirent pas tous les parents, pour des raisons financières évidentes. Certains préfèrent attendre qu’une place se libère en crèche communale afin de bénéficier de frais calculés sur base de leurs revenus. “Pointons cependant un manque d’information envers les parents, car les frais de crèche sont déductibles fiscalement. C’est valable pour le privé”, lance Valérie Bertholet. Et d’ajouter : “C’est le serpent qui se mord la queue ! On crie pour que des places se créent, mais si ce sont des places privées, le succès n’est pas rencontré car les frais inhérents à une maison d’enfance y sont trop élevés. L’accueil y est pourtant d’aussi bonne qualité.” Cela a bien entendu des conséquences sur l’emploi : 25 % des mamans d’enfants de moins de trois ans en Wallonie arrêtent de travailler.
Des solutions peuvent être envisagées en synergie avec les entreprises de la région. En Wallonie, Swift, dont le siège social est situé à La Hulpe, est la seule compagnie à avoir créé sa crèche d’entreprise, il y a vingt ans déjà. Cette rareté est liée aux contraintes et aux normes à respecter pour ouvrir une maison d’enfants dans une infrastructure professionnelle, mais également à la rentabilité du projet. “Une entreprise pense avant tout à ce que l’activité soit lucrative. Dans le cas d’une crèche privée, il n’est pas évident de réaliser du bénéfice”, précise Valérie Bertholet. Alors, au lieu d’implanter les crèches directement dans les entreprises, l’installation à proximité est une solution, en envisageant un partenariat avec les entreprises environnantes. La situation de Poulpi.be est, à ce titre, idéale.
“À l’heure actuelle, ma réflexion porte sur la recherche d’entreprises qui accepteraient de proposer à leurs employés, sous forme d’avantage en nature, une place d’accueil chez Poulpi.be, à proximité immédiate du lieu de travail”, poursuit Valérie Bertholet. Cette idée rejoint le plan Sema (Synergie employeurs-milieux d’accueil) du gouvernement de la Communauté française, dont les règles d’application sont toutefois très rigides ; une alternative qui pourrait assurer une forme de flexibilité du travail et garantir aux entreprises de garder leurs employés à plus long terme.
Une crèche est en construction à l’Axisparc et devrait ouvrir en janvier 2015. La particularité du projet est qu’il s’agit d’un partenariat entre la commune de Mont-Saint-Guibert et le parc d’affaires. De cette manière, la moitié des lits disponibles sera réservée aux enfants des employés des entreprises implantées sur le site. L’autre moitié sera mise à disposition des habitants de la commune. Une formule qui semble satisfaire les entreprises locales, elles aussi concernées par la problématique de l’accueil de la petite enfance en Brabant wallon.